L’Europe se prépare à accueillir l’un des supercalculateurs les plus puissants du monde, qui se distinguera par sa technologie de pointe. Le système Jupiter, qui devrait être opérationnel en 2024, sera le premier supercalculateur exascale d’Europe, capable d’effectuer plus d’un milliard de milliards d’opérations par seconde. Mais ce qui rend Jupiter vraiment spécial, c’est qu’il ne fonctionnera pas sur des processeurs x86, comme la plupart des supercalculateurs actuels, mais sur des processeurs ARML'un des supercalculateurs les plus puissants au monde sera bientôt en ligne en Europe, mais ce n'est pas seulement sa vitesse brute qui rendra le supercalculateur Jupiter spécial. Contrairement à la plupart des supercalculateurs du Top 500, le système exascale Jupiter s'appuiera sur des cœurs ARM au lieu de composants x86. Intel et AMD pourraient être déçus, mais Nvidia aura une part de l'action Jupiter.
Pour mémoire, le milliard d’instructions par seconde (gigaflops) a été dépassé en 1985 ; les 1000 milliards (téraflops) en 1997 ; le million de milliards en 2008. En 2016, le cap du pétaflops a été franchi par plus d’une centaine de machines de par le monde. En mai 2022, le système Frontier, développé par IBM pour une utilisation au Oak Ridge National Laboratory, est devenu le premier supercalculateur analysé publiquement à franchir l’exaflop, soit la capacité à effectuer un milliard de milliards de calculs chaque seconde.
L’exascale permettra de traiter des charges de travail très complexes et volumineuses, telles que la simulation numérique, l’intelligence artificielle, l’analyse des données ou la cryptographie. Selon les professionnels du métier, l’exascale aura un impact sans précédent sur la société et l’économie, en ouvrant la voie à des découvertes scientifiques, des innovations technologiques, des applications industrielles et des solutions aux grands défis mondiaux.
Plusieurs pays sont engagés dans une course à l’exascale, avec des programmes aux États-Unis, en Europe, en Chine et au Japon.
Il faut noter que l’exascale pose des défis importants en termes de conception, de coût, de consommation énergétique, de fiabilité, de sécurité et de programmation. Il faut notamment développer des logiciels adaptés à l’architecture massivement parallèle et à la diversité des processeurs, ainsi que des méthodes efficaces pour gérer les erreurs, les interférences ou les cyberattaques. Il faut aussi optimiser le stockage et le transfert des données, qui atteignent plusieurs pétaoctets. Enfin, il faut réduire la consommation électrique des supercalculateurs exascale, qui peut dépasser les 20 mégawatts.
L'intérêt est alors porté sur des processeurs ARM
Les processeurs ARM sont connus pour leur faible consommation d’énergie et leur efficacité, ce qui les rend populaires dans les appareils mobiles. Mais ils ont aussi des avantages pour les applications de calcul haute performance (HPC), comme le montre le choix de l’entreprise européenne SiPearl, qui fournira les processeurs Rhea pour le système Jupiter. Les processeurs Rhea sont basés sur l’architecture Neoverse V1 d’ARM, spécialement conçue pour le HPC, avec 72 cœurs chacun. Ils supportent la mémoire à haute bande passante HBM2e, ainsi que la DDR5, et disposent d’un cache impressionnant de 160 Mo.
L'Europe s'efforce d'obtenir son indépendance matérielle avec des conceptions de processeurs locales, le choix des processeurs Rhea pour Jupiter ne devrait donc pas être une surprise.
SiPearl, basée en France, a commencé à développer Rhea avec un financement de démarrage de la European Processor Initiative (EPI), qui souhaite développer des conceptions de puces ouvertes réduisant la dépendance aux technologies de puces étrangères. L'EPI se concentre fortement sur la conception de puces basées sur l'architecture open source RISC-V.
SiPearl est une société de conception de puces relativement nouvelle par rapport aux sociétés Intel et AMD bien établies et est maintenant sous pression pour prouver que sa puce prendra en charge les performances exaflop.
SiPearl a choisi ARM car il est bien établi et prêt pour des applications hautes performances. Les experts affirment que RISC-V sera encore loin d’être adopté par le grand public dans de nombreuses années. EuroHPC JU a demandé aux fournisseurs de Jupiter de répondre aux exigences d'efficacité énergétique, de performances, de stabilité du système et de programmabilité.
Malgré les discussions du PDG Pat Gelsinger avec des responsables de l'Union européenne pour garantir davantage d'affaires à Intel, le fabricant de puces a été exclu du projet.
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