Un plan européen pour le développement de superordinateurs d'un exaflops
Deux machines déployées à l'horizon 2023

Le , par dourouc05, Responsable Qt
Les superordinateurs actuels sont arrivés à la limite de leur conception, avec une puissance de l’ordre de vingt pétaflops (vingt  millions de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde). Ils sont utilisés pour des prévisions météorologiques et climatiques, des simulations d’explosions nucléaires ou de combustion, par exemple. Cependant, pour affiner la précision de ces calculs et développer de nouvelles applications, cette puissance n’est pas suffisante : la prochaine marche est au niveau de l’exaflops (un milliard de milliards d’opérations par seconde).

La principale difficulté pour atteindre cette nouvelle barre réside dans la consommation énergétique de ces machines : on pourrait construire un superordinateur d’un exaflops sans problème… à condition d’y adjoindre une centrale nucléaire complète ! L’objectif est donc d’augmenter fortement l’efficacité énergétique de ces ordinateurs, par tous les moyens.

C’est dans ce contexte que sept pays européens se sont accordés sur un plan de développement de superordinateurs de cette puissance, lors de l’anniversaire du traité de Rome (Allemagne, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal). L’objectif est d’avoir deux prototypes d’ici à 2020 et deux machines d’un exaflops chacune d’ici à 2022, positionnées dans le top 3 mondial (mise en production pour 2023) — l’entièreté des machines serait de conception européenne, les processeurs et le logiciel y compris. Ce projet est très ambitieux, vu le chemin qu’il reste à parcourir : il est comparé au lancement d’Airbus dans les années 1990 ou Galileo dans les années 2000.

Le contexte européen favorise aussi ce type de plan : en effet, les pays de l’Union européenne correspondent à cinq pour cent des produits et services de type HPC, mais en consomment les deux tiers. En cas de conflit politique, par exemple, il n’est pas impossible que l’Europe se retrouve dépourvue dans le domaine. L’objectif industriel serait de faire émerger l’Europe comme un leader mondial, du même niveau que les États-Unis, le Japon ou, plus récemment, la Chine. En effet, aucun État membre ne serait capable de rivaliser avec ces puissances : ces objectifs ne sont atteignables qu’en mutualisant les efforts.

Le financement prévu est de l’ordre de sept cents millions d’euros, dans le cadre du programme H2020, via des partenariats public-privé (un montant similaire devrait être levé du côté privé). Peu de sociétés seraient vraiment éligibles : à part Bull, en France, aucun acteur du domaine en Europe n’a de capitaux purement européens. Cela tombe bien : Bull a lancé le projet Mont Blanc, qui cherche à exploiter des processeurs ARM et des processeurs graphiques pour atteindre de très hauts niveaux d’efficacité énergétique.

Sources : EU Outlines Plan to Develop Home-Grown Exascale Supercomputers, EU ministers commit to digitising Europe with high-performance computing power.


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Avatar de RyzenOC RyzenOC - Inactif https://www.developpez.com
le 10/04/2017 à 15:58
travaillant sur ce projet j'ajoute quelques chiffres:
2% seulement de l'électricité consommée par un supercalculateur servent au calcul
3Gflop/W c'est l’efficacité moyenne des équipements actuels
30% du coût d'un supercomputer est consacrés à l'énergie
Avatar de arond arond - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 10/04/2017 à 16:44
Citation Envoyé par RyzenOC Voir le message
2% seulement de l'électricité consommée par un supercalculateur servent au calcul
Les 98% restants servent au refroidissement ?
Avatar de KEKE93 KEKE93 - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 10/04/2017 à 16:57
Petite correction: le lancement d'Airbus remonte aux années 70 ( 1974 pour l'A300) et non aux années 90.

Sinon, j'ai envie de dire, seulement 2 fois 700 millions d'Euros... C'est largement en deça de ce qu'il a fallu dépenser pour Gallileo ou un avion Airbus. Je crois qu' un programme comme l'A380 ou l'A350 tourne plutôt vers les 7 ~ 9 milliards d'Euros si ce n'est plus!!
Avatar de abriotde abriotde - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 11/04/2017 à 10:11
Les 98% restants servent au refroidissement
Non je pense que outre le refroidissement, il y a le réseau (le transport de l'information) qui consomme et la mémoire (qui est grandement redondé). C'est tout ce que je vois. Je suppose tout de même que le plus gros poste, est le refroidissement mais cela ne peux dépasser 60 à 80% maximum. Enfin j'imagine.
Avatar de Michael Guilloux Michael Guilloux - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 11/01/2018 à 15:21
UE : un investissement d’un milliard d'euros pour des superordinateurs européens de niveau mondial
est proposé par la Commission

Fin mars 2017, sept pays de l'UE (la France, l'Allemagne, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et l'Espagne) ont signé à Rome une déclaration pour le développement des superordinateurs pouvant atteindre une puissance exascale, c'est-à-dire capables d'effectuer au moins un milliard de milliards d’opérations par seconde. Ils ont été plus tard rejoints par la Belgique, la Slovénie, la Bulgarie, la Suisse, la Grèce et la Croatie.

C'est un grand défi, sachant que les superordinateurs actuels sont arrivés à la limite de leur conception, avec une puissance de l’ordre de vingt pétaflops (vingt millions de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde), mais ce n'est pas une chose impossible.

L'intérêt du calcul à haute performance (HPC) pour l'UE est qu'il est un instrument essentiel pour comprendre et relever les grands défis scientifiques et sociétaux, tels que le dépistage précoce et le traitement des maladies ou la mise au point de nouveaux traitements basés sur la médecine personnalisée et de précision. Il est également utilisé pour la prévention et la gestion des catastrophes naturelles de grande ampleur, notamment pour prévoir les trajectoires des ouragans ou établir des simulations de tremblement de terre. Le calcul à haute performance est encore essentiel pour la sécurité et la défense nationales, lorsqu'il s'agit par exemple de mettre au point des technologies de chiffrement complexes, de localiser des cyberattaques et d'y réagir, de déployer la criminalistique de manière efficace ou d'effectuer des simulations nucléaires.

Si les superordinateurs actuels permettent de le faire, il est nécessaire d’affiner la précision de ces calculs et développer de nouvelles applications, et pour cela, il faudrait une puissance de calcul plus importante, de l'ordre d'un exaflops par exemple. C'est dans ce contexte que les sept pays ont signé la déclaration EuroHPC. L'objectif est d'acquérir des systèmes de performance pré-exascale (cent millions de milliards de calculs par seconde) et de soutenir le développement de systèmes de performance exascale (un milliard de milliards de calculs par seconde) basés sur les technologies de l'UE, d'ici à 2022-2023.

Dans le cadre de cette initiative, aujourd’hui à Bruxelles, la Commission européenne a dévoilé son intention d'investir conjointement avec les États membres dans la mise en place d'une infrastructure européenne de superordinateurs d'envergure mondiale. Une nouvelle structure juridique et financière, l'entreprise commune EuroHPC, va acquérir, mettre en place et déployer dans toute l'Europe une infrastructure de calcul à haute performance de classe mondiale. Elle appuiera également un programme de recherche et d'innovation afin de développer les technologies et machines (matériel informatique) ainsi que les applications (logiciels) qui fonctionneraient sur ces superordinateurs.

La contribution de l'UE à EuroHPC sera de l'ordre de 486 millions d'euros au titre de l'actuel cadre financier pluriannuel, complétée par un montant similaire provenant des États membres et des pays associés. Dans l'ensemble, environ 1 milliard d'euros de fonds publics seraient investis d'ici à 2020, et les membres privés de l'initiative apporteraient également des contributions en nature.

Dans un communiqué de presse, la Commission européenne explique que le jalon posé aujourd'hui est essentiel pour la compétitivité et l'indépendance de l'Union dans l'économie fondée sur les données. Elle estime en effet qu’à l'heure actuelle, les scientifiques et les entreprises d'Europe effectuent de plus en plus souvent le traitement de leurs données en dehors de l'UE, car le temps de calcul disponible dans l'UE ne suffit pas à leurs besoins. Ce manque d'indépendance constitue, selon la Commission, une menace pour la vie privée, la protection des données, les secrets commerciaux et la propriété des données, notamment pour les applications sensibles.

« Les superordinateurs sont le moteur qui fait avancer l'économie numérique. La course est rude et l'Union est actuellement à la traîne : nous n'avons pas de superordinateurs dans les dix premiers du classement mondial », a déclaré Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne chargé du marché unique numérique. « Avec l'initiative EuroHPC, nous voulons donner aux chercheurs et aux entreprises d'Europe une capacité de calcul intensif de premier ordre au niveau mondial d'ici à 2020, afin de développer des technologies telles que l'intelligence artificielle et de concevoir les applications quotidiennes du futur dans des domaines tels que la santé, la sécurité ou l'ingénierie », a-t-il ajouté.

Source : Communiqué de l’Union européenne

Et vous ?

Que pensez-vous de cette initiative européenne pour le développement de superordinateurs de performance exascale ?
Croyez-vous que cela est nécessaire ou suffisant pour l’indépendance de l’UE dans l’économie fondée sur les données ?

Voir aussi :

Le Japon possèderait-il le superordinateur le plus puissant ? Regard sur le Top 500 à la lumière du benchmark HPCG
Superordinateurs : la Chine en tête devant les États-Unis, regard sur le dernier classement du Top 500
49e classement des superordinateurs les plus puissants : les États-Unis ne classent plus de machine dans le top 3 mondial, remplacés par la Suisse
Avatar de marsupial marsupial - Membre émérite https://www.developpez.com
le 12/01/2018 à 8:37
Ils ont été plus tard rejoints par la Belgique, la Slovénie, la Bulgarie, la Suisse, la Grèce et la Croatie.
La Suisse ne fait pas partie de l'UE. C'est dire que le besoin est grand et d'importance. Ce partenariat public-privé ne devrait être que bénéfique.
Avatar de VivienD VivienD - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 12/01/2018 à 9:13
C'est vrai que le parc informatique européen actuel laisse à désirer, donc vouloir y investir le milliard pour pouvoir enfin gagner notre indépendance numérique est selon moi une bonne chose. Toutefois, une phrase du vice-président Andrus Ansip me laisse un goût un peu amer dans la bouche:
Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
[...]

« Les superordinateurs sont le moteur qui fait avancer l'économie numérique. La course est rude et l'Union est actuellement à la traîne : nous n'avons pas de superordinateurs dans les dix premiers du classement mondial », a déclaré Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne chargé du marché unique numérique. [...]
À croire qu'on n'investit dans ce domaine que pour essayer de montrer qu'on a la plus grosse...
Responsable bénévole de la rubrique HPC : Thibaut Cuvelier -